En bref
- La Médaille d’Amour Augis date de 1907 : Alphonse Augis grave sur une médaille d’or des vers du poème L’éternelle chanson, écrit par Rosemonde Gérard et publié en 1889 dans Les Pipeaux.
- Les vers sont condensés en rébus : « + qu’hier – que demain », pour « aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ».
- La maison est née à Lyon en 1830. Aujourd’hui, les artisans de Saumur façonnent la médaille, sur un site certifié EPV depuis 2011.
- Le vendeur officiel de la Médaille d’Amour est Augis (augis.fr)
- Parmi les modèles affichés sur le site officiel, les prix vont de 310 € à 3 450 €.
Qui était Rosemonde Gérard, la poétesse derrière les vers ?
Rosemonde Gérard, née à Paris le 5 avril 1866 et morte dans la même ville le 5 juillet 1953, est la poétesse dont deux vers figurent sur la Médaille d’Amour Augis. Son premier recueil, Les Pipeaux, paraît en 1889 chez Alphonse Lemerre. Il lui vaut l’année suivante le prix Archon-Despérouses de l’Académie française.
Le poème qui la rend célèbre, L’éternelle chanson, est écrit pour Edmond Rostand, qu’elle épouse le 8 avril 1890. Rosemonde Gérard a introduit Rostand dans son cercle littéraire et finance, en décembre 1890, la publication des Musardises, premier recueil de poèmes de son mari, qui passe inaperçu.
Après son mariage, elle laisse sa propre carrière de côté au profit de celle de son mari et de sa vie de famille. Elle reprend la plume après la mort de Rostand et reçoit de nouveau le prix Archon-Despérouses en 1926, pour L’Arc-en-ciel. Ses vers les plus célèbres circulent depuis 1907 sous une forme qu’elle n’a pas écrite : un rébus sur une médaille d’or.
Que dit L’éternelle chanson, le poème de Rosemonde Gérard ?
L’éternelle chanson est un poème d’amour dans lequel la narratrice imagine le couple devenu vieux, assis sur un banc dans un jardin du mois de mai. L’œuvre de Rosemonde Gérard est entrée dans le domaine public, ce qui permet de citer le poème en entier.
Voici le poème
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,
Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,
Et je te sourirai tout en branlant la tête,
Et nous ferons un couple adorable de vieux.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.
Combien de fois jadis j’ai pu dire « Je t’aime » ?
Alors avec grand soin nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d’une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer.
Et comme chaque jour je t’aime davantage,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain,
Qu’importeront alors les rides du visage ?
Mon amour se fera plus grave – et serein.
Songe que tous les jours des souvenirs s’entassent,
Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.
Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent
Et sans cesse entre nous tissent d’autres liens.
C’est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l’âge,
Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main
Car vois-tu chaque jour je t’aime davantage,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.
Et de ce cher amour qui passe comme un rêve,
Je veux tout conserver dans le fond de mon cœur,
Retenir s’il se peut l’impression trop brève
Pour la ressavourer plus tard avec lenteur.
J’enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,
Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ;
Je serai riche alors d’une richesse rare
J’aurai gardé tout l’or de mes jeunes amours !
Ainsi de ce passé de bonheur qui s’achève,
Ma mémoire parfois me rendra la douceur ;
Et de ce cher amour qui passe comme un rêve
J’aurai tout conservé dans le fond de mon cœur.
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos cœurs en fête,
Nous nous croirons encore aux jours heureux d’antan,
Et je te sourirai tout en branlant la tête
Et tu me parleras d’amour en chevrotant.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
Où se trouvent les vers gravés sur la médaille ?
Les deux vers repris sur la Médaille d’Amour Augis se trouvent au milieu de L’éternelle chanson. Le couplet y revient deux fois, d’abord sous la forme « Et comme chaque jour je t’aime davantage », puis sous la forme « Car vois-tu chaque jour je t’aime davantage ». Le poème parle de vieillesse, alors que la médaille ne retient que la progression de l’amour.
Comment Augis a transformé ces vers en bijou en 1907 ?
En 1907, en pleine Belle Époque, Alphonse Augis fait graver sur une médaille d’or des vers de Rosemonde Gérard : « Car vois-tu chaque jour je t’aime davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ». Il est le petit-fils d’Eugène Coquais, qui avait ouvert un premier magasin de joaillerie à Lyon en 1830.
Augis, créateur et vendeur officiel de la médaille d’Amour, donc, les transforme en symboles : « + qu’hier – que demain ». Le procédé relève du rébus : un signe plus, un signe moins et deux mots suffisent à rappeler tout le couplet. Il explique aussi une confusion fréquente : le poème ne s’intitule pas « Qu’hier que demain », comme on le lit partout. Il s’appelle L’éternelle chanson, et « + qu’hier – que demain » est l’inscription portée par la médaille.
Selon la Maison, la médaille connaît un succès mondial, qu’elle explique par sa symbolique et par la variété des motifs, des fonds et des entourages au fil du temps. Un bijou peut dire l’engagement sans l’écrire en toutes lettres, comme le montre la symbolique de l’alliance.
Bague à devise, Médaille d’Amour ou gravure : que change le texte ?
Ces trois bijoux portent des mots, mais la place du texte et son origine changent la façon de les porter, de les lire et de les offrir.
La bague à devise : un message caché à l’intérieur
La bague à devise, appelée « posy ring » en anglais, porte une courte rime ou un mot d’amour gravé, le plus souvent à l’intérieur de l’anneau. Le mot « posy » dérive du français « poésie ». Les exemples vont de la fin du Moyen Âge aux modèles des XVIIe et XVIIIe siècles, qui évoluent vers l’alliance en or lisse. La plupart reprennent des formules d’usage, d’une bague à l’autre.
Pour qui ? Pour celles et ceux qui aiment les pièces anciennes et un message que seule la personne qui la porte peut lire.
La Médaille d’Amour : un poème porté à la vue de tous
La Médaille d’Amour Augis inverse cette logique : le message occupe le devant de la médaille et vient d’un auteur identifié, Rosemonde Gérard. Parmi les trois familles comparées ici, c’est la seule dont le texte est signé. La médaille offerte relève d’une tradition qui existe aussi côté religieux, avec la médaille de baptême offerte par la marraine.
Pour qui ? Pour celles et ceux qui veulent un bijou dont on peut citer l’auteur, la date de création et le poème d’origine.
La gravure personnalisée : le message de la personne qui offre
La gravure personnalisée laisse le texte à la personne qui offre : un mot doux, un prénom, une date ou des initiales. Augis annonce une gravure gratuite parmi ses services, et les revendeurs de la Médaille d’Amour citent ces mêmes options. Le message est privé, donc il ne se transmet pas comme un texte de poète, mais il reste unique.
Pour qui ? Pour celles et ceux qui préfèrent un texte intime à un texte littéraire, ou qui veulent ajouter leur mot au dos d’une médaille qui se grave.
Comment fabrique-t-on une Médaille d’Amour ?
L’estampage est la première technique de fabrication de la médaille : un outillage en acier, placé dans une presse, frappe un disque de métal pour y imprimer le dessin. Entre deux frappes, le métal est recuit pour s’adoucir et recevoir les détails avec fidélité.
L’outillage naît d’un moulage sur plâtre, réalisé par un sculpteur sur plâtre, puis reproduit sur métal par un tour à réduire. Les artisans utilisent aussi la 3D pour graver directement l’acier à partir du dessin numérique. La pièce est ensuite détourée, percée, polie et satinée. Le guillochage et le lapidage retravaillent les contrastes et les lignes, et chaque bijou est contrôlé à chaque étape.
Questions fréquentes sur la Médaille d’Amour Augis
La Médaille d’Amour a-t-elle changé depuis 1907 ?
Oui : la Maison Augis varie les motifs, fonds et entourages pour adapter la médaille à chaque époque. Une référence nommée L’Originale côtoie aujourd’hui des versions pavées, colorées ou serties de diamants.
Quel poème est gravé sur la Médaille d’Amour Augis ?
Le poème s’intitule L’éternelle chanson et il a été écrit par Rosemonde Gérard. Publié en 1889 dans le recueil Les Pipeaux, chez Alphonse Lemerre, il imagine un couple devenu vieux. Deux vers en sont repris sur la médaille : « Car vois-tu chaque jour je t’aime davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain ».
Que signifie « + qu’hier – que demain » sur la médaille ?
L’inscription se lit « plus qu’hier, moins que demain » et condense un couplet de L’éternelle chanson. Elle exprime un amour qui grandit chaque jour : plus fort qu’hier, moins fort que demain. On la cherche parfois sous la forme « qu’hier que demain », mais le poème porte un autre titre.
Qui a créé la Médaille d’Amour et en quelle année ?
Alphonse Augis a créé la Médaille d’Amour en 1907, à Lyon. La Maison raconte qu’il a eu l’idée de graver sur une médaille d’or des vers de Rosemonde Gérard, puis de les transformer en symboles. La maison lyonnaise avait été ouverte en 1830 par son grand-père, Eugène Coquais, sous la forme d’un magasin de joaillerie.
Où est fabriquée la Médaille d’Amour Augis ?
La Médaille d’Amour est aujourd’hui façonnée à Saumur, selon la Maison Augis. La maison est née à Lyon, et son atelier de fabrication de médailles est resté dans un bâtiment du 5e arrondissement jusqu’en 1985, d’après l’Inventaire général du patrimoine culturel. Elle appartient au groupe Chevalier depuis 2017.
Combien coûte une Médaille d’Amour Augis ?
Les prix constatés sur augis.fr vont de 310 € à 3 450 €. Cette fourchette porte sur les 28 premiers modèles affichés de la collection, de l’argent 925/1000 à l’or jaune 18 carats serti de diamants. Les médailles de 12 mm en or jaune 18 carats affichées commencent à 415 €.
Peut-on faire graver une Médaille d’Amour ?
Oui, à condition que le modèle choisi se grave. Augis annonce un service de gravure gratuit, et les revendeurs citent la gravure d’un mot doux, d’un prénom, d’une date ou d’initiales. Il reste à vérifier sur la fiche du modèle que la gravure est possible.
Où acheter une Médaille d’Amour Augis ?
Le site officiel augis.fr et les revendeurs listés par la Maison proposent la médaille. Augis tient une boutique en ligne et une page « Nos revendeurs ». Les pièces anciennes se trouvent chez les antiquaires, avec la signature A. Augis et le poinçon français comme repères.













